1991

FESTIVAL DE THÉÂTRE DES AMÉRIQUES — 4E ÉDITION

500 ans plus tard

500 ans plus tard

Six dramaturges de six pays présentent des textes originaux sur un même thème: la découverte des Amériques il y a 500 ans. C’est lors du Festival Intercational de San José Por La Paz au Costa Rica, à l’automne 1989 que les organisateurs de six festivals internationaux élaborèrent Les accords de San José.

A Gril Skipping

Graeme Miller (Grande-Bretagne)

A Gril Skipping

Ils sautent à la corde, chantent des comptines, boivent, courent, se piquent, se pourchassent.

Black Works

Julian Maynard Smith (Grande-Bretagne)

Black Works

Un théâtre fait pour les rêveurs, où les formes se défont et renaissent toujours différemment, où l’on peut en toute liberté enfermer un cheval dans un vase grec, où les corps disparaissent dans de fins nuages et s’isolent dans des paysages dévastés, où plus rien n’est acquis et où tout peut arriver.

El coronel no tiente quien le escriba

Carlos Giménez (Vénézuela)

El coronel no tiente quien le escriba

Un homme attend depuis quinze ans le versement de sa pension de guerre et habite dans l’intervalle un temps immobile, inconscient de la lente dégradation des choses autour de lui. Adapté d’une nouvelle de Gabriel García Márquez, un chant douloureux à une Amérique latine qui ne connaît pas les demi-mesures. Au milieu de marais boueux traversés d’apparitions, d’actions à la beauté râpeuse qui se chevauchent comme en rêve, de rituels sanglants palpitant sous la chaleur et de musiques obsédantes, le colonel demeure rivé à son hamac comme à un cocon. L’illusion ne se mange pas, lui reproche sa femme. Elle ne se mange pas, mais elle nourrit, rétorque-t-il…

En los zaguanes angeles muertos

Alberto Félix Alberto (Argentine)

En los zaguanes angeles muertos

Forcé à passer la soirée avec des hôtes dont il ne comprend pas la langue, un homme entreprend un voyage tourmenté dans les couloirs remplis de spectres de son inconscient et de ses souvenirs.

HA Ha!…

Lorraine Pintal (Québec)

HA Ha!…

Entre Pagliaro, les Alouettes, les annonces de « whisper! », le langage qui s’emballe comme un cheval fou et la délinquance effrénée d’une gigantesque foire, quatre personnages englués dans la quétainerie se dévorent avec joie – puis moi quand je mords, le morceau part -, dans le plus scintillant et le plus impitoyable jeu de massacre de la dramaturgie québécoise. Baroques, décapantes, écorchées, les années soixante-dix vues par Réjean Ducharme n’ont pas pris une ride.

HOSANNA

Lorraine Pintal (Québec)

HOSANNA

Cri d’affirmation de la légitimité homosexuelle? Métaphore d’un pays qui se cherche?

Juan Darién

Julie Taymor et Elliot Goldenthal (États-Unis)

Juan Darién

Le ravissement. Tandis que les tambours japonais succèdent aux marimbas et aux instruments africains, que la solennité d’un gong perce les joyeux trilles de flûtes mayas et les accents profonds d’un didjeridu aborigène, que les chants du requiem, en latin, sont traversés de cris d’animaux, de bruits de fanfare et d’airs païens, des images feuillues défilent sous nos yeux : une jungle, un village, des oiseaux, des serpents, un vol mousseux de papillons blancs…

La classe morte

Tadeusz Kantor (Pologne)

La classe morte

Dans la dernière frange oubliée de notre mémoire, dans un coin étroit se dressent quelques pauvres rangées de BANCS en bois… Les LIVRES desséchés tombent en poussière… Dans les deux COINS, comme des modules géométriques dessinés à la craie au tableau, se tapit le souvenir de punitions endurées… Les W. C. scolaires où l’on apprenait à reconnaître le goût de la liberté… Les ÉLÈVES vieillards au bord de la tombe, les absents…

Les trous du ciel

Marie Chouinard (Québec)

Les trous du ciel

Une petite communauté serrée en bande dont le fonctionnement est rythmé par des règles marche et danse sous les étoiles, que les Inuit appellent  » trous du ciel « .

Les UBS

Denis Marleau (Québec)

Les UBS

Les Ubs, ce sont le père et la mère Ubu, grotesques représentants de l’engeance humaine résumant à eux seuls l’absurdité de l’existence. Monument de bêtise et de lâcheté, naïf, méchant et avide de pouvoir, Ubu contient le monde entier dans son ventre énorme.

Orlando

Bia Lessa (Brésil)

Orlando

Orlando est un jeune anglais de la cour élisabéthaine. En une métamorphose qui traverse quatre siècles, il se transforme peu à peu en femme… Au fil de son existence en constante mutation amoureuse de chaque instant qui passe, Orlando voit les choses se modifier autour de lui, le lierre couvrir les murs, l’électricité apparaître. Il goûte la vibration de la vie qui bat avec une acuité d’autant plus grande que sa propre identité se dissout sans cesse pour renaître autrement.

Peau, chair et os

Gilles Maheu (Québec)

Peau, chair et os

Dans un tableau bleu de prusse et rouge sang, un homme, une femme et un oiseau se tiennent immobiles. Un verre de vin renversé, une lame qui scintille au soleil… Alceste, jeune épouse ayant accepté de mourir pour laisser vivre son mari, est revenue voilée des enfers. Retouché par Heiner Müller, le mythe devient prétexte à la description d’une image insolite qui dérive entre le duel et l’érotisme. Le regard s’y perd et n’en ressort plus. Une femme revenant obstinément de chez les morts s’y fait assassiner quotidiennement après le même coït brutal; l’homme tient dans son poing un oiseau figé dans un cri tandis qu’un autre dirige son bec vers la femme…

Rebis

Alvaro Restrepo (Colombie)

Rebis

Sur le sol, un cercle, des lignes, un vase d’argile et un corps nu peint de rouge et de noir. Synthèse d’humain et d’animal, tour à tour primitif, contemporain, sensuel, méditatif et végétal, le corps se transforme, s’arborise, se minéralise…

Rompe Candela

Palo Q'Sea (Colombia)

Rompe Candela

Huit animaux gigantesques, des danseurs, des jongleurs, des comédiens, des masques, des démons qui subvertissent l’ordre du monde, la mort, le diable, une envolée de rythmes et de couleurs : en direct des Andes, le carnaval vient animer nos rues et nos parcs de la musique trépidante des côtes colombiennes.

The Crackwalker

Urjo Kareda et Andy McKim (Canada)

The Crackwalker

De jeunes paumés attachants vivent en marge de la société dans un cul-de-sac tant économique qu’affectif. L’une se prostitue, l’autre est attirée par un escroc minable qui a peut-être violé la première…

The Hip-Hop Waltz of Eurydice

Reza Abdoh (États-Unis)

The Hip-Hop Waltz of Eurydice

L’Amérique craque! Projetant Rilke et Cocteau dans un univers orwellien post-nucléaire revu par les frères Marx, voilà une déflagration en formede valse démente où Orphée et Eurydice, tête rasée, batteries dans le cou et sexes intervertis, explorent un enfer punk où l’érotisme est strictement prohibé.

The man I Love

Manfred Karge (Canada)

The man I Love

L’anecdote est réelle : une jeune française sans travail, dans les années sombres de l’avant-guerre, a décidé pour survivre d’endosser l’identité de son défunt mari. Collègues, soldats, épouses, tous se sont laissé duper par son manège pendant des années. Maintenir un tel artifice tout ce temps n’est pas sans conséquence…

Unidentified Human Remains and the True Nature of Love

Jim Millan (Canada)

Unidentified Human Remains and the True Nature of Love

Le titre tient sa promesse : une farce douloureuse moitié tendresse et moitié frissons, qui nous arrive de l’Ouest portée par la controverse. Dans l’espace flottent des ilôts, lit, bar, futon, où évolue une faune bigarrée qui se cherche à coups de répondeurs téléphoniques, qui se délecte de récits macabres, qui ne s’étonne plus de rien et qui danse entre sexe, violence et vide existentiel. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un né après 1960 à qui il ne manque pas quelque chose, lance l’un des protagonistes avec désinvolture.