2001

FESTIVAL DE THÉÂTRE DES AMÉRIQUES — 9E ÉDITION

4 X 4

THÉÂTRE OFFICIEL DEL FARFADET (TOF) (QUÉBEC)

4 X 4

Hubert, Manu, Stella et Marianne. Quatre personnages, dans la jeune trentaine sauf exception, qui ne nagent pas dans les mêmes eaux. Ils ont l’âge des auteurs qui, sans se consulter, se penchent sur leur cas pour les faire se rencontrer pour la première fois. Il faut bien que la fiction s’en mêle. Et quatre fois plutôt qu’une, puisqu’ils sont quatre auteurs à provoquer les jeux du hasard.

Allemaal indiaan

ALAIN PLATEL (LES BALLETS C. DE LA B. & VICTORIA)

Allemaal indiaan

Sur scène, deux maisons à étages, avec pièces, couloirs, balcons, toits, portes et fenêtres qui s’ouvrent, se ferment, claquent, volent en éclats. Dedans, dehors, autour d’une gouttière, s’agitent les cellules d’un bouillon de culture sous pression. La vie de survie dans un quartier populaire. Graines de voyous, familles éclatées, parents dépassés, quelques outsiders et le chat Aida jouent dans un téléroman dont on a fait sauter le cadre et les bons sentiments.

Anatole Felde et le canard bleu

MICHEL BÉRRUBÉ (QUÉBEC)

Anatole Felde et le canard bleu

Deux petites pièces, joyeusement absurdes, écrites par un auteur qui préfère garder l’anonymat, d’où le pseudonyme d’Hervé Blutsch. Par sympathie sans doute pour les personnages qu’il transforme impunément en dindons de la farce dans un théâtre de grands guignols. Histoire de les sortir de leur petite vie plate et absurde : vie de bureau, de commis de bureau, à la petite semaine, cinq jours semaine, la vie durant.

Aube

ISABELLE LEBLANC (QUÉBEC)

Aube

Une femme debout dans la nuit. Elle s’appelle Rosa, comme dans la chanson « Rosa, ma rose, mon ange, mon amour ». Elle raconte son histoire en attendant qu’on vienne la chercher, en attendant qu’on la libère. Sur une musique d’accordéon, les personnages de sa vie vont et viennent comme petites valses de nuit, éclats de souvenirs, de fusil, de moments d’amour, de rêves de liberté.

Catoblépas

DENIS MARLEAU (MONTRÉAL)

Catoblépas

Alice, l’ancienne petite fille qui aimait trop les allumettes, retrouve, après vingt ans de séjour en institution psychiatrique, l’enfant qui lui a été enlevé à la naissance. S’interpose entre elle et le fils Robert, une religieuse qui s’est dévouée corps et âme à le protéger de la vie et du regard des autres. Entre les deux femmes qui revendiquent la maternité de cet animal étrange et génial, monstrueux comme un catoblépas, s’engage un trafic de mots et de maux.

Ceci n’est pas une pipe

STEPHANE HOGUE (QUÉBEC)

Ceci n’est pas une pipe

Ceci n’est pas une comédie en dépit des apparences. Tous les soirs à la même heure les parents de Junior font la même chose que les parents de Sophie. Ils causent de ce qu’ils ont vu ou entendu à la radio, à la télévision, au bureau, dans le métro, au téléphone, dans le tiroir de Junior et sous les jupes de Sophie. Les nouvelles de la journée baignent dans l’horreur. Toutes choses étant égales, l’horreur a la légèreté d’un flash d’actualité, d’un bas de vignette, d’une rumeur, ou l’épaisseur d’un Reality Show.

girls ! girls ! girls !

PETER HINTON (QUÉBEC)

girls ! girls ! girls !

Quatre jeunes qui ont toutes les apparences de la normalité. Au départ, une idée comme ça pour occuper le samedi soir : venger l’honneur d’une des membres de la gang déclassée dans une compétition de gymnastique. Une fois la championne prise au piège, la violence se nourrit d’elle-même jusqu’à plus soif.

House

RICHARD MAXWELL (NEW YORK)

House

Richard Maxwell écrit et met en scène avec la précision d’un scanner, la neutralité d’une caméra fixe et l’efficacité d’une couverture de Vogue. Des phrases toutes faites, collectionnées et ré-agencées, disent ce qu’elles disent, en admettant les pauses, les silences et les éclats métalliques d’enregistreuses bon marché. Les personnages, collés au mur, n’ont d’autre identité que d’être un père, un enfant, une épouse et un étranger par qui la tragédie arrive.

JIMMY, CRÉATURE DE RÊVE

MARIE BRASSARD (MONTRÉAL)

JIMMY, CRÉATURE DE RÊVE

Qui d’autre que Marie Brassard pour imaginer un théâtre qui ne boude pas son plaisir ? Sur scène, la métamorphose de Marie Brassard est hallucinante tant le personnage de Jimmy lui va bien : un être de pure fiction, mi-homme, mi-femme, ou quelque chose entre les deux sexes, à la fois enfant et adulte, créature rêvée par un général américain quelque peu lubrique.

La face cachée de la lune

ROBERT LEPAGE (QUÉBEC)

La face cachée de la lune

Seul en scène, devant le miroir du monde, le comédien Robert Lepage. On dirait l’homme. C’est Philippe, un professeur de philo, dans la jeune quarantaine et au chômage. La mort récente de sa mère et des retrouvailles forcées avec le frère réactivent de vieilles blessures. Y flotte en suspension libre la fascination d’un enfant pour les cosmonautes russes, ses héros détrônés par les Américains dans la conquête de l’espace.

Mil quinientos metros sobre el nivel de Jack

FEDERICO LEÒ (ARGENTINA)

Mil quinientos metros sobre el nivel de Jack

Dans une salle de bain, reconstituée dans le menu détail, une mère en maillot de bain et un fils en costume de plongée. Assis dans une baignoire remplie d’eau, ils conversent. Une télévision allumée, qui ne capte aucune image, ajoute un élément de plus dans ce tableau parfaitement surréaliste. Le texte par allusions, mots couverts mais entendus, fait référence au père disparu au fond de la mer, à la vie qui coule de partout, en vase clos.

Petits miracles misérables et merveilleux

CLAUDIE GAGNON (QUÉBEC)

Petits miracles misérables et merveilleux

Dans ce spectacle de cabaret, tout est fait maison, certifié objet recyclé, patenté par les doigts d’une fée à l’imagination souveraine. Avec des bouts de carton, des tissus, des plumes, des feuilles, des plantes, de la nourriture, Claudie Gagnon fabrique des perles surréalistes qu’elle enfile dans un ordre joliment festif. Inspirés des quatre saisons et de toiles connues, douze tableaux vivants s’effeuillent comme pages de calendrier.

Recent Experiences

STO UNION & CANDID STAMMER (CANADA)

Recent Experiences

Le plus simplement du monde, les spectateurs prennent place parmi les acteurs, autour d’une grande table de famille, de brassage d’histoires. Le théâtre s’installe. Noir. Une voix qui dit : 1900. Lumière sur deux acteurs assis l’un en face de l’autre. En quelques minutes, cinq ans d’amour absolu, puis le grand tourbillon de la vie. Et ainsi de suite, de l’arrière grand-mère à la petite fille, entre 1900 et 2000, les lignes de vie se croisent et font des ronds dans l’eau

Road to Heaven

THE YOUNG@HEART CHORUS (ÉTATS-UNIS)

Road to Heaven

Plus tonique qu’une classe d’aérobie, plus rock n’roll que Presley, les Beatles ou Travolta, aussi troublant qu’un duo improbable entre Bob Dylan et Devo. Young@Heart Chorus en spectacle, c’est tout cela et plus encore. Vingt-cinq retraités qui ont l’âge d’or de leurs artères, 78 ans en moyenne, plus doués les uns que les autres, chacun dans son style, son registre musical, son aptitude au bonheur. Pour le plaisir, ils revisitent le répertoire populaire des baby-boomers dans une mise en scène réglée au quart de tour pour eux et avec eux.

Rwanda 94

GROUPOV (BELGIQUE)

Rwanda 94

Traversé de toutes parts par le désir de réparation symbolique, ce spectacle est bouleversant de courage artistique. Une grande forme épique et tragique soutenue par une musique d’oratorio qui accapare tout l’être. Pour enterrer dans la dignité un million de fois une personne, pour éviter la répétition, le théâtre module dans tous les registres. Témoignages vivants, formes chorales, fiction, dialogues, sketches de comédie musicale, scènes oniriques, conférence, odes et mélopée rwandaises, et images de télé composent ce parcours de vérité. Dans ce dialogue d’être humain à être humain qui s’établit sur scène et avec chacun des spectateurs, perce la voix des âmes. Impossible de ne pas ressentir et comprendre la souffrance humaine, de ne pas éprouver le désir du jamais plus.

Tambours sur la digue

ARIANE MNOUCHKINE (PARIS)

Tambours sur la digue

Mille et un instants beaux à couper le souffle. Un fleuve en colère, des tambours dans la nuit, des seigneurs omnipotents et des paysans emportés dans la débâcle. La légende convoque l’actualité. Des marionnettes humaines, portées à bout de bras par des manipulateurs de l’ombre, évoluent dans des pas de deux qui accusent leur trop plein d’humanité, de fragilité, d’ambiguïté.

Urban Tattoo

URBAN INK PRODUCTIONS (CANADA)

Urban Tattoo

In telling the story of Rosemarie, a young Native woman who heads to the big city hoping to escape her destiny, Marie Clements draws on the traditions of the Amerindian storyteller and the ritual of healing. She revives the traditions by adapting them to a theatrical form where video, photos, music, words and performance beat a chaotic tattoo of a life of disillusionment and a wounded psyche.