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© Jean Louis Fernandez
Théâtre

L’étang

Gisèle Vienne

Boîte à fantasmes

Dans une chambre qui flaire l’étrangeté, sept marionnettes d’adolescent·e·s, figures familières du théâtre de Gisèle Vienne, jonchent le sol. Elles laissent place aux deux stupéfiantes voix d’Adèle Haenel et d’Henrietta Wallberg, qui incarnent à elles seules la dizaine de personnages de L’étang de Robert Walser, petit drame de jeunesse que ce « poète maudit » de la littérature germanophone offrit à sa sœur.

Jour de feinte. L’étang raconte l’histoire de Fritz, qui, pour mettre à l’épreuve l’amour maternel, élabore son faux suicide. Dans cette boîte blanche sous pression s’opère une amplification sensorielle — microphones au plus près de la chair, strates sonores hallucinées — qui nous immerge dans l’espace mental des personnages, mais ouvre également leurs plaies à vif. Parfaitement sophistiquée, cette performance sidérante révèle les traumatismes de la violence normative. Un combat adolescent contre la famille et la société. Intime, voire incestueux, mais hautement politique.

Crédits
Information générale

Sur l'artiste

© Andrea Montano

Gisèle Vienne (Strasbourg) DACM / Compagnie Gisèle Vienne

Gisèle Vienne intègre l’École nationale supérieure des arts de la marionnette en 1996 et crée ensuite sa compagnie, explorant toutes les facettes de la forme marionnettique dans Showroomdummies (2001-2020), en collaboration avec Étienne Bideau-Rey, ou encore dans The Ventriloquists Convention (2015), présenté au FTA en 2016.

Plasticienne, photographe et metteure en scène, elle poursuit ses questionnements hors plateau, en publiant notamment un ensemble livre et CD, Jerk // Through Their Tears (2011), autour de Jerk (2008), spectacle présenté à La Chapelle en 2010. 

Biographie complète

Échos des médias

« Une stupéfiante Adèle Haenel, qui compose les voix de tous les enfants et montre, si besoin était, l’étendue de son talent. […] L’intensité de la proposition et la qualité des interprétations sont telles qu’on demeure conquis. D’autant que la force opératique des images et du son révèle à chaque moment les maîtrises plastique et chorégraphique de Gisèle Vienne. »

Marie-Pierre Genecand, Le Temps (Suisse), 2021-06-05

« [Adèle Haenel] est stupéfiante dans L’étang. [Elle] s’est coulée dans cet univers avec passion, mais aussi avec la tête politique qui est la sienne, consciente des enjeux que brasse le texte de Robert Walser. »

Fabienne Darge, Le Monde (France), 2021-09-01

« Une œuvre parmi les plus intenses et parfaitement sophistiquées de sa créatrice, Gisèle Vienne, cette metteure en scène, chorégraphe, marionnettiste étrange qui veille depuis des années sur un royaume fantastique un peu délaissé, celui de l’ambiguïté et des zones grises, des perversions et des désirs inconvenants. »

Ève Beauvallet, Libération (France), 2021-05-07

« La création de Gisèle Vienne submerge par la radicalité de l’incarnation d’Adèle Haenel. […] Un spectacle fulgurant, d’une densité folle. »

Fabienne Arvers, Les Inrockuptibles (France), 2021-05-07

« La pièce saisit d’abord par sa puissance visuelle et sonore avant de laisser filer les mots qui imprègnent subrepticement le cerveau de sens qui se cristallise et développe la réflexion encore longtemps après que l’œil et l’ouïe épuisé.es par cette expérience volcanique se soit calmé.es. »

Malik Berkati, J:MAG (Suisse), 2021-05-07

Entretien

« Ce qui m’intéresse, c’est de voir la structure familiale telle que nous la connaissons dans la culture occidentale comme le berceau des dominations, l’endroit où vont se construire intimement, dans notre chair, les rapports de domination. »

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