© Renato Mangolin
Danse

Lavagem

Alice Ripoll

Jeux d’eau

Sous une grande bâche bleue, une créature respire à plusieurs souffles. Son explosion, collective, annonce le début d’une folle corvée. Munis de seaux et de savon, six interprètes glissent jusqu’à perdre pied, fabriquent de la mousse et recouvrent l’espace de bulles immaculées. Lavagem raconte l’interdépendance des corps, leurs complexes et fragiles entrelacs — et éclabousse les assignations identitaires d’une société profondément inégalitaire.

La chorégraphe brésilienne Alice Ripoll imagine un poème politique et ludique se jouant des notions de propreté et de saleté, et des préjugés raciaux qu’elles suggèrent. Dans un espace de jeu, allègrement partagé par les danseur·euse·s et le public, rien ne se fige, tout se transforme et laisse s’évanouir les évidences sous les gestes domestiques encombrants. Mêlant danse, acrobatie, chant et percussion, le collectif REC réunit de formidables interprètes dans une fantasmagorie qui élève le quotidien en rituel.

Crédits
Information générale

Sur l'artiste

© Renato Mangolin

Alice Ripoll (Rio de Janeiro) Cia REC

Née à Rio de Janeiro, la chorégraphe brésilienne Alice Ripoll s’est mise à la danse à 21 ans après des études en psychanalyse. Diplômée de l’école d’Angel Vianna, un centre important pour la danse et la rééducation motrice, elle puise son inspiration dans les danses urbaines et la relation avec ses danseurs et danseuses.

Biographie complète

Échos des médias

« Grâce à leur dynamisme et à leur charisme, les interprètes créent un univers riche, dense et élaboré. […] La danse y est vivante, tactile, sensuelle, énervée, multiple, à l’instar des corps habités d’une myriade de styles, de la pole dance au ballet, en passant par le passinho. »

Belinda Mathieu, Télérama (France), 2021-09-14

« Des interprètes à l’énergie explosive, brute, jamais poliment formelle. […] Ripoll a l’art du contraste entre énergie primesautière de la danse et violence des sujets. »

 

Ève Beauvallet, Libération (France), 2021-09-19

« Lascive, sexuée, charnelle et dégingandée, l’écriture d’Alice Ripoll explose en plein lumière. Entre improvisations, parts de hasard et maitrise totale, sa chorégraphie hypnotise, laisse pantois, interroge parfois sur la finalité, le propos. »

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore, L’œil d’Olivier (France), 2021-09-09

« Le présent ludique de la chorégraphie des corps glissants et déglutissant de mousse sur fond de grande bâche bleue agitée savonne quelque peu le propos sous-jacent. »

Jean-Pierre Thibaudat, Mediapart.fr (France), 2021-09-10

« Tout Lavagem joue, brillamment, sur les contrastes : entre la masse bruyante, informe et mouvante du groupe enveloppé de plastique – le hors-champ où ils se soudent, font corps et avancent ensemble –, et l’incroyable palette gestuelle. »

Fabienne Arvers, Les Inrockuptibles.com (France), 2021-09-16

« Alice Ripoll joue d’une manière aussi ludique qu’obsessionnelle avec la notion de propreté. […] Si la dimension revendicatrice est perceptible, se laisse surtout découvrir une pièce puissamment physique, esthétique et organique. »

Christophe Candoni, Sceneweb.fr (France), 2021-09-17

Entretien

« Ces danses très fortes qu’on trouve dans la rue sont un mélange de plusieurs styles qui se transmettent de génération en génération. J’aime croiser ces danses traditionnelles complexes avec la danse contemporaine dans mon travail. »

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